À la faveur de la session extraordinaire du conseil municipal de la commune de Biwong-Bané convoquée par le préfet du département de la Mvila, Emmanuel Frédéric Ndongo, le 10 juillet 2026, pour procéder notamment à l’élection d’un nouvel exécutif municipal, Many Henri Fiston se présente avec une feuille de route qu’il qualifie de « Contrat des 180 jours ». Son ambition : remettre sur pied une commune qu’il estime plongée dans une grave crise administrative, financière et institutionnelle, avant de transmettre une administration stabilisée à l’équipe qui sera en charge du mandat 2027-2032.
La commune de Biwong-Bané s’apprête à vivre un tournant décisif. Après plusieurs mois de blocage ayant paralysé le fonctionnement de l’institution municipale, une session extraordinaire du conseil municipal a été convoquée par le préfet de la Mvila, Emmanuel Frédéric Ndongo, en vue de pourvoir à la vacance de l’exécutif communal.
C’est dans ce contexte particulièrement sensible que Many Henri Fiston officialise sa candidature à la tête de la mairie, avec un projet présenté comme un véritable plan de redressement d’urgence. Loin des promesses électorales classiques, le candidat affirme proposer un « contrat » fondé sur des objectifs précis, des délais définis et des mécanismes de contrôle destinés à restaurer la gouvernance locale.
Une commune en situation d’urgence
Pour le candidat, le diagnostic est sans appel. Selon lui, la commune traverse l’une des périodes les plus critiques de son histoire récente. « Aujourd’hui, lorsque l’on arrive à la mairie, on découvre un silence administratif », affirme-t-il. Il évoque notamment l’absence d’un budget adopté pour l’exercice 2026, la non-adoption des comptes administratifs de 2024 et 2025, ainsi qu’une administration privée de visibilité.
À cette situation s’ajoute une échéance qu’il juge capitale : le 31 octobre 2026, date limite pour engager les projets inscrits au Budget d’investissement public (BIP). Passé ce délai, prévient-il, la commune risquerait de perdre une année entière d’investissements publics. Face à cette urgence, Many Henri Fiston estime que la priorité absolue consiste à remettre rapidement l’administration communale en ordre de marche.
Le « Contrat des 180 jours »
Au cœur de son projet figure un programme d’urgence baptisé « Contrat des 180 jours ». L’objectif affiché est clair : consacrer les six mois restants avant la fin de l’année à assainir la gestion municipale et à préparer sereinement la transition vers le futur exécutif issu des élections municipales de 2027.
« Je ne fais pas de promesses. Je propose un contrat », résume le candidat, qui insiste sur la nécessité d’agir rapidement afin d’éviter que la crise actuelle ne compromette durablement le développement de la commune.
Première étape : rétablir la légalité
Le premier chantier annoncé concerne la restauration de la gouvernance administrative. Durant les trente premiers jours, Many Henri Fiston prévoit la réalisation d’un audit rapide des finances, du patrimoine et de l’administration communale afin d’établir un état des lieux exhaustif.
Dans le même temps, il entend convoquer le conseil municipal afin de faire adopter les comptes administratifs des exercices 2024 et 2025, toujours en attente de validation. Pour lui, aucune relance durable ne peut être envisagée sans un retour préalable au respect des procédures prévues par les textes.
Un budget d’urgence pour remettre la commune en mouvement
Deuxième axe de son programme : l’adoption, dans un délai de quarante-cinq jours, d’un budget d’urgence pour l’année 2026. Le candidat précise que ce budget reposera exclusivement sur des ressources effectivement mobilisables : le Budget d’investissement public, les transferts de compétences, la Dotation générale de la décentralisation ainsi que les centimes additionnels communaux.
Les premières dépenses concerneraient le paiement des salaires des personnels communaux, le fonctionnement des services essentiels, notamment l’état civil, ainsi que la remise en service de prestations jugées prioritaires telles que l’approvisionnement en eau, l’électricité ou encore les structures sanitaires.
L’objectif est également d’engager tous les projets financés par le BIP avant la date butoir du 31 octobre.
Redonner toute sa place au citoyen
Au-delà du redressement administratif, Many Henri Fiston affirme vouloir replacer les populations au cœur de l’action municipale. Il annonce notamment une vaste tournée de consultation baptisée « Biwong-Bané Parle », destinée à recueillir les préoccupations des chefs traditionnels, des femmes, des jeunes, des associations, des minorités, des allogènes et des élites locales.
Il promet également la mise en place rapide des comités de villages et de quartiers, qu’il considère comme des instruments indispensables à une décentralisation réellement participative. Parallèlement, il prévoit d’améliorer la qualité des services rendus aux populations à travers l’ouverture régulière du service d’état civil, l’entretien des routes prioritaires ainsi que le rétablissement progressif de l’éclairage public.
Faire de la transparence un principe de gouvernance
La transparence constitue un autre pilier majeur de sa profession de foi. Le candidat promet qu’au terme des soixante premiers jours de gestion, la situation financière complète de la commune sera rendue publique, aussi bien par voie d’affichage à la mairie que sur les plateformes de communication de la collectivité.
Il entend également créer un comité de veille citoyenne composé de représentants des populations chargés de suivre l’utilisation des ressources publiques. Selon lui, cette démarche permettra de renforcer la confiance entre les citoyens et leur administration tout en favorisant une meilleure reddition des comptes.
Préparer la transition plutôt que gérer l’immédiat
Many Henri Fiston assure que son ambition ne se limite pas au redressement immédiat de la commune. À l’issue des 180 jours, il prévoit de remettre au futur exécutif un « Livre blanc » recensant l’ensemble de la situation administrative, financière et technique de la commune, ainsi que les principaux projets en cours.
Ce document servirait de base à l’élaboration d’une feuille de route couvrant la période 2027-2032, construite avec la participation des populations autour de cinq projets structurants. L’objectif affiché est d’éviter que Biwong-Bané ne retombe dans une nouvelle crise de gouvernance.
Une candidature fondée sur une méthode
À travers cette candidature, Many Henri Fiston souhaite se distinguer par une approche qu’il présente comme méthodique et pragmatique. « Je viens avec une méthode, pas avec des slogans », affirme-t-il, mettant en avant un calendrier précis, des objectifs mesurables et des mécanismes de contrôle citoyen. Pour le candidat, la commune a désormais besoin d’un exécutif capable de restaurer la confiance, de remettre les finances en ordre et de relancer le fonctionnement normal de l’administration.
À quelques jours de cette session extraordinaire décisive du conseil municipal, cette profession de foi place le débat sur le terrain de la gouvernance, de la transparence et de l’efficacité de l’action publique. Reste désormais aux conseillers municipaux appelés à désigner le prochain maire de décider si cette feuille de route de 180 jours constitue la réponse la plus adaptée à la crise que traverse actuellement la commune de Biwong-Bané.
Fabrice ASSOUM
Source : Journal l’immigrant

