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Au Cameroun/Affaire Blaise Essama : Le tribunal militaire en délibéré, le verdict attendu le 18 août prochain

Au terme d’audiences particulièrement denses devant le Tribunal militaire de Douala, l’instruction de la cause opposant le Ministère public aux sieurs André Blaise Essama et Nzepang Siakam Scotty Winner touche à sa fin. Ayant entendu la lecture des chefs d’accusation, la déposition des témoins, le déroulement des moyens de preuve ainsi que les réquisitions et les plaidoiries des parties, le tribunal a formellement prononcé la clôture des débats. Le dossier a été mis en délibéré et le prononcé du jugement d’instance est fixé au 18 août 2026. L’origine matérielle de ce litige pénal remonte au mois de novembre 2025, dans un contexte social et politique fortement marqué par les contestations consécutives au scrutin présidentiel. Appréhendés à Douala dans le cadre d’opérations de maintien de l’ordre, les deux prévenus ont été traduits par-devant la juridiction d’exception militaire sous des qualifications pénales particulièrement gravissimes : André Blaise Essama, poursuivi sous la prévention d’apologie de crimes et d’incitation à l’insurrection, des infractions visant la sécurité de l’État et l’ordre public.

Nzepang Siakam Scotty Winner poursuivi sous la prévention de violences et voies de fait dirigées contre l’exécution des lois, ainsi que pour faits de perturbation du fonctionnement d’un service public. Dès le stade de l’information judiciaire et tout au long du procès au fond, le litige s’est mué en un affrontement de pure technique juridique. Le collectif de défense composé de Mes Fabien Kengne, Nguefack Augustin et Asong Michael a soulevé de multiples exceptions de procédure. Les conseils des prévenus ont sans cesse attaqué la régularité des actes d’instruction, dénoncé la sévérité des mandats de dépôt et contesté la compétence stricte du tribunal militaire pour juger de faits découlant d’une contestation électorale. Au moment des plaidoiries, la défense a pilonné le socle probatoire du parquet militaire, articulant son argumentation autour de la fragilité des pièces versées aux débats.

Me Fabien Kengne a soulevé un vice majeur touchant au principe du contradictoire : l’absence d’incorporation formelle d’un élément audiovisuel clé au dossier de la procédure. Selon le collectif de défense, cette vidéo servant de fondement explicite aux réquisitions écrites du ministère public n’a jamais fait l’objet d’une projection, d’un examen ou d’un débat contradictoire au prétoire. Invoquant l’insuffisance de preuves matérielles et la violation manifeste des droits de la défense, les avocats ont sollicité du tribunal l’infraction non constituée, la relaxe au bénéfice du doute et l’acquittement pur et simple de leurs clients. Les juges militaires se retirent désormais pour délibérer. Le jugement rendu le 18 août tranchera souverainement la responsabilité pénale des deux prévenus et mettra un terme à cette saga judiciaire.

Georges Parfait Owoundi

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