Le Cameroon Digital Tank (CADIT) s’affirme, depuis plusieurs années, comme l’un des acteurs structurants de la transformation digitale au Cameroun. Penseur autant qu’opérateur de mobilisation, le CADIT ne se limite pas à produire des idées, il organise des rencontres, fédère des compétences, connecte l’écosystème aux décideurs et cherche à transformer la parole en mécanismes, en cadres, en opportunités et en résultats mesurables.

À Yaoundé, ce 19 juin 2026, à l’Enovation Factory (nouvelle route Bastos), le CADIT a tenu une édition spéciale de l’Apéro Digital consacrée à deux annonces stratégiques. D’abord la présentation officielle de son Advisory Board, un Conseil Consultatif porté par des personnalités de premier plan. Ensuite, le lancement du CADIT Média Club, une initiative pensée comme un Press Club Tech destiné à renforcer la visibilité de l’innovation numérique camerounaise et africaine.

Mais au-delà de ces annonces, cet événement a porté un message politique et institutionnel fort à savoir, le numérique n’est pas un secteur « en plus », il devient un levier central de développement économique, social et de souveraineté. C’est ainsi que, lors de la rencontre, le bien qu’absent en présentiel, le Professeur Jean Emmanuel Pondi, Président du Advisory Board, à travers un message préenregistré, et projeté surplace, a proposé une trajectoire ambitieuse. Celle d’engager des négociations avec les responsables du parlement camerounais en vue d’organiser une session spéciale visant le vote d’une loi de renforcement des mécanismes de gestion de l’écosystème numérique.

Dans le même temps, d’autres voix—notamment celle de Guy Wandji, promoteur du Bangoulap Club et spécialiste du spatial en Afrique—ont rappelé une réalité essentielle : l’histoire numérique du Cameroun n’est pas une page blanche. Des initiatives historiques liées à la dynamique satellitaire, à l’industrialisation et aux réformes de la connectivité ont placé le pays, à certains moments, dans une trajectoire d’avant-garde en Afrique. Leur message est clair, le Cameroun peut retrouver sa place d’antan dans le numérique, à condition de consolider l’écosystème, de mobiliser la gouvernance et de réactiver l’innovation. Tout comme l’association des figures emblématiques comme l’ancien capitaine des Lions indomptables, Stéphane Mbia, dont la seule présence a suffi pour témoigner d’une stratégie élargie. L’ancien Lion indomptable qui œuvre depuis quelques temps dans l’éducation inclusive s’est aussi engagé.

Un Think Do Tank au service du passage à l’action
Le Cameroon Digital Tank (CADIT) est officiellement présenté comme le premier Think Do Tank du numérique au Cameroun. Cette formule—Think et Do Tank—résume une double vocation. A travers « Think » qui signifie, réfléchir, il est question, selon les explications de Mbiandjeu Lionel, président du Bureau exécutif du CADIT, de contribuer à la production d’idées, de recommandations, de stratégies et de propositions d’orientations pour l’écosystème numérique, et « Do » (faire) de mobiliser les talents, d’organiser des événements, développer des communautés, et favoriser l’émergence de projets et de partenariats.

Aujourd’hui, le CADIT compte près de 250 membres, répartis entre le Cameroun, l’Europe et l’Amérique du Nord. Cette communauté réunit des profils variés. Des experts, entrepreneurs, chercheurs, investisseurs et décideurs, actifs dans plus de 33 domaines technologiques, notamment l’Intelligence artificielle (IA), le Blockchain/crypto-actifs, le Cloud computing, la Cybersécurité, la Fintech, Agritech, Healthtech, le Spatial, la Legaltech, les Médias numériques, des DevOps et bien d’autres sous-domaines technologiques, de l’innovation financière à la GovTech.
Ce qui rend davantage la démarche du CADIT singulière, c’est la volonté de ne pas segmenter l’innovation. Il ne cherche pas seulement des spécialistes, il cherche des architectes de convergence—c’est-à-dire des acteurs capables de connecter les dimensions techniques, réglementaires, économiques et médiatiques de la transformation digitale. Pour cela, il regorge six piliers sur lesquels repose sa stratégie structurée pour accélérer l’écosystème. Il s’agit d’une matrice d’action basée sur l’institutionnel et le plaidoyer à travers un accompagnement des pouvoirs publics et les acteurs privés dans la définition de politiques numériques nationales, cohérentes et applicables. La réglementation est le second pilier, qui intègre la contribution à améliorer le cadre législatif et réglementaire du numérique—pour réduire l’incertitude, protéger l’innovation et clarifier les responsabilités. C’est d’ailleurs le sens de la proposition du Professeur Jeran Emmanuel Pondi. La formation constitue le troisième pilier. Ici, il est question de développer les compétences numériques, favoriser le transfert de connaissances et réduire les écarts de capacité. Le quatrième quant à lui est axé sur l’investissement dans le numérique avec objectif d’encourager le financement des projets innovants et des startups technologiques. Afin d’aboutir à un « Business Club » qui va favoriser de créer des opportunités de networking, de partenariat et d’émergence de champions nationaux et régionaux. Enfin, le dernier pilier demeure la communication. Parce qu’il faut valoriser les initiatives, les talents et les succès de l’écosystème numérique.
La rencontre du 19 juin 2026 prend précisément racine dans ces piliers avec l’Advisory Board qui renforce l’axe institutionnel/réglementation, le Media Club renforçant l’axe communication et la dynamique globale renforçant également l’axe investissement et la structuration de l’écosystème.

Une édition spéciale de l’Apéro Digital à Enovation Factory : une ambiance conviviale, mais une ambition institutionnelle
L’Apéro Digital, dans son format, est souvent perçu comme un moment d’échange et de réseautage. Pourtant, l’édition spéciale du 19 juin 2026 a dépassé cette logique conviviale pour devenir une étape de structuration organisationnelle.
Réunissant à Yaoundé plusieurs figures majeures de la finance, du numérique, des médias et de l’innovation, la soirée a confirmé une intention : transformer la communauté CADIT en plateforme de dialogue entre les forces vives de l’écosystème et les décideurs publics et privés. Avec, on l’a dit, deux moments dominants le déroulé de la rencontre. D’abord la présentation officielle de l’Advisory Board (Conseil Consultatif) et le lancement du CADIT Média Club, pensé comme press club tech. Ces deux annonces structurent la trajectoire du CADIT. D’un côté, consolider la gouvernance et le plaidoyer et de l’autre, intensifier la visibilité et la communication de l’innovation.

L’Advisory Board : une instance stratégique pour éclairer la stratégie et ancrer l’action du CADIT
Le moment le plus attendu de la soirée a été la présentation officielle du Conseil Consultatif du CADIT, présidé par le Professeur Jean Emmanuel Pondi. La présence et le leadership académique et stratégique de cette figure donnent au Conseil une signature de sérieux et de crédibilité. Le Professeur Pondi n’a pas seulement constitué un conseil, il a proposé une trajectoire d’impact. Son idée repose sur un principe, si l’on veut accélérer durablement l’écosystème numérique, il faut renforcer la gouvernance juridique et institutionnelle. Pour cela, il faut des personnalités issues de la technologie, de la finance et de l’innovation qui regorgent de l’expériences afin de constituer une force de propositions pertinentes. A ses côtés, on retrouve des personnalités telles que Anthony Same, Président-Directeur Général de ST Digital Group, Freddy Tchala, Directeur Général d’Activa, Jean-René Loumou, Expert du secteur spatial, Willy Heubo, Directeur Général de Financia Capital Asset Management et d’autres profils de haut niveau. Elles ont pour missions clairement formulées d’éclairer la stratégie de CADIT ; de renforcer son ancrage institutionnel et de consolider le rôle d’interface entre l’écosystème numérique camerounais et les décideurs publics et privés.
Selon les témoignages du jour, dans les écosystèmes en croissance, un problème fréquent est la distance entre ceux qui ont l’expertise (startups, experts, ingénieurs, chercheurs), et ceux qui décident (parlements, régulateurs, administrations, acteurs financiers). Le CADIT, avec l’Advisory Board, vise à réduire cette distance. L’idée est de faire du Conseil un pont permanent mieux une instance capable de produire des avis, de soutenir des réflexions, et de contribuer à des chantiers de politiques publiques. C’est justement à cet égard, que la proposition du Président du Advisory Board a toute sa valeur. Celle de négocier une session parlementaire pour une loi renforçant la gestion de l’écosystème numérique. Parce que, l’innovation a besoin de cadre. Un cadre qui intègre la régulation des données et des services numériques, les règles de gouvernance de l’écosystème, les mécanismes de coordination entre institutions, la sécurité juridique des modèles économiques tech et la structuration des partenariats public-privé.
Avec la mise en place de l’Advisory Board, présidé par le Professeur Jean Emmanuel Pondi, le CADIT renforce sa capacité à influencer la stratégie et à consolider son rôle d’interface. La proposition de négociations avec le parlement pour une session spéciale et un vote de loi illustre une ambition d’institutionnaliser une meilleure gestion de l’écosystème numérique. Et le lancement du CADIT Média Club, vient répondre à un besoin vital celui de rendre l’innovation visible et compréhensible, relier médias et acteurs tech, et valoriser les Tech Makers camerounais et africains. Avec ses partenaires techniques, financiers et institutionnels, le CADIT vient de passer à un palier supérieur. Mobiliser pour une contribution des acteurs sectoriels à l’émergence d’un Cameroun plus innovant, plus connecté et davantage intégré à l’économie numérique mondiale.
Fabrice ASSOUM

