Le Palais des Congrès de Yaoundé a vibré au rythme des enjeux cruciaux pour le continent africain avec l’ouverture officielle du 23ᵉ Congrès international et exposition de l’Association Africaine de l’Eau et de l’Assainissement (AAEA). Placé sous le haut patronage de S.E. Paul Biya, Chef de l’État camerounais, représenté par Gaston Eloundou Essomba, Ministre de l’Eau et de l’Énergie du Cameroun, cet événement continental d’envergure, qui s’étalera sur cinq jours, réunit décideurs, experts et partenaires financiers et techniques autour du thème percutant : « Eau et Assainissement pour Tous : des actions fortes pour l’Afrique ». L’objectif est de catalyser des solutions concrètes face aux défis persistants d’accès aux services d’eau potable et d’assainissement, dont l’urgence n’a jamais été aussi manifeste sur le continent.

La cérémonie d’ouverture a été un témoignage éloquent de l’importance accordée par la République du Cameroun à cette édition majeure. La présence de plusieurs personnalités ministérielles de haut rang a marqué les esprits. S.E. Gaston Eloundou Essomba, le Ministre hôte, a ouvert les travaux, entouré de Célestine Ketcha Courtès, Ministre de l’Habitat et du Développement Urbain, et de Joseph Lé, Ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative. La dimension panafricaine de l’événement fut renforcée par la participation de Cheikh Tidiane Dieye, Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement du Sénégal et éminent Président du Conseil des Ministres Africains de l’Eau (AMCOW). Ce congrès est conçu comme une plateforme d’échanges stratégiques pour redéfinir les trajectoires et accélérer la transformation de la situation actuelle concernant l’accès universel à l’eau et à l’assainissement en Afrique.

Dans son allocution d’ouverture, le Ministre Gaston Eloundou Essomba a vivement rappelé que l’accès à l’eau potable et à des services d’assainissement adéquats transcende la simple notion de droit humain fondamental. Il s’agit, a-t-il martelé, d’un pilier indissociable du développement durable de l’Afrique. Le Ministre a brillamment décliné la multifacette de l’eau, la présentant comme un enjeu majeur de santé publique, dont la pénurie ou la contamination engendre maladies et entrave le bien-être des populations. Elle est également un levier essentiel de croissance économique, indispensable à l’agriculture moderne, à l’essor industriel et à la production d’énergie, des secteurs vitaux pour les économies africaines. Enfin, elle constitue un facteur déterminant de stabilité sociale, car la gestion équitable des ressources hydriques et la résolution des conflits potentiels qui en découlent conditionnent la paix et la cohésion au sein des communautés et entre les nations. « L’eau est la vie, l’eau est le développement, et l’eau est la paix », a-t-il conclu, soulignant l’urgence d’une action collective et coordonnée.

La tenue de ce 23ᵉ Congrès de l’AAEA à Yaoundé intervient dans un contexte où les défis sont immenses et souvent amplifiés. De nombreuses régions africaines luttent persistamment contre les aléas de la sécheresse, la pollution croissante des sources d’eau, la dégradation alarmante des infrastructures existantes, ou encore un déficit chronique de financements adéquats pour la construction et la maintenance des réseaux hydriques. Ces problèmes sont exacerbés par une urbanisation rapide et une croissance démographique sans précédent, qui mettent une pression accrue sur des ressources en eau souvent déjà limitées et fragiles. C’est dans ce tableau complexe que les participants, représentant une mosaïque d’expertises – urbanisme, ingénierie, gouvernance politique, finance, recherche scientifique et secteur privé – sont appelés à innover et à partager les solutions les plus pertinentes et les plus adaptées au contexte africain.
Au cours des cinq journées intenses de travaux, les échanges se concentreront sur des thématiques d’une importance capitale. Les participants exploreront les nouvelles technologies pour une gestion durable des ressources hydriques, se pencheront sur des stratégies de financement innovantes destinées à combler le déficit d’investissement, et chercheront à établir des mécanismes de coopération régionale renforcée. L’objectif principal est d’accélérer la mise en œuvre des Objectifs de Développement Durable (ODD) liés à l’eau et à l’assainissement, en particulier l’ODD 6, qui promeut l’accès universel à l’eau et à l’assainissement et une gestion durable des ressources. Des sujets transversaux comme la promotion de l’économie circulaire dans le secteur, le renforcement de la résilience face aux impacts du changement climatique, et l’optimisation de la gouvernance locale des services d’eau et d’assainissement figureront également au cœur des discussions. L’ambition est de passer de la prise de conscience à l’action concrète, d’identifier les meilleures pratiques et de construire des partenariats solides pour un avenir où chaque Africain aura accès à l’eau et à un assainissement digne de ce nom.
Ce congrès n’est pas seulement une tribune d’échange d’idées, mais un véritable catalyseur pour l’action. La dynamique actuelle requiert des engagements forts et des décisions audacieuses pour assurer que les promesses de l’eau et de l’assainissement pour tous se traduisent en réalités tangibles sur le terrain. Les résultats attendus de ces cinq jours de labeur promettent d’orienter les politiques et les investissements sur le continent pour les années à venir, renforçant ainsi la vision d’une Afrique plus saine, plus prospère et plus résiliente.
Fabrice ASSOUM

