Dans une contre-offensive médiatique et judiciaire d’une rare véhémence, le collectif d’avocats assurant la défense de Léopold Maxime Eko Eko, ancien Directeur Général de la Recherche Extérieure (DGRE), a publié un communiqué de presse cinglant ce 09 août 2026 depuis Yaoundé. Cette sortie officielle fait suite à des déclarations diffusées le 05 août dernier depuis Paris par Sani Mohamadou, dans lesquelles ce dernier affirmait avoir été sollicité en 2020 pour fournir ses services et mettre son réseau à la disposition des services secrets camerounais. Face à ce que la défense qualifie d’énième tentative d’instrumentalisation et de manœuvre d’influence opaque, les conseils de l’ancien patron du renseignement entendent rétablir les faits avec une précision chirurgicale. Le document, paraphé par un collège d’avocats des barreaux du Cameroun et de Bruxelles parmi lesquels Me Ngoumou Josiane Florence, Me Ndjana Ndjana Hossana, Me Ndjah Joseph Désiré, Me Jean-Pierre Buyles ou encore Me Séri Zokou Simplice, déconstruite point par point le récit de Sani Mohamadou.
En premier lieu, la défense martèle que la DGRE n’a absolument jamais sollicité cet individu. C’est au contraire M. Mohamadou qui s’est présenté de sa propre initiative au cours de l’année 2020, en invoquant de prétendues recommandations émanant de hautes autorités de la Présidence de la République pour obtenir une audience et proposer des prestations dans des domaines critiques tels que la surveillance aérienne, la surveillance électronique, la cybersécurité et la cyberdéfense. Au-delà de l’initiative du contact, c’est toute la crédibilité professionnelle de l’intervenant qui est balayée par le collectif. Soumis aux vérifications d’usage au sein du service de renseignement, Sani Mohamadou s’est révélé incapable de produire le moindre document officiel authentifié titre académique, mandat institutionnel ou attestation ministérielle prouvant sa qualité auto-proclamée de « Haut-Conseiller en Stratégie, Défense et Sécurité ».
Sur le plan technique, lorsqu’il a été sommé de fournir des spécifications matérielles précises, il s’est contenté de présenter un catalogue d’équipements commerciaux obsolètes issus de fabricants étrangers, des matériels déjà rejetés par les services spécialistes de la DGRE. Constatant cette carence technique et professionnelle absolue, l’institution a définitivement rompu tout contact avec lui dès 2020. Pour clore toute polémique sur d’éventuels engagements financiers ou contractuels, la défense précise qu’il n’existe aucun contrat, aucun bon de commande, aucune demande d’information, ni le moindre appel d’offres liant la DGRE à cet individu. Qualifiant la démarche de Sani Mohamadou de simple tentative d’intrusion sans fondement institutionnel ni valeur technique, le collectif d’avocats conclut en avertissant qu’il engage des démarches pour réserver le droit de poursuivre en justice toute imputation diffamatoire ou association abusive visant à porter atteinte à l’honneur et à la mémoire administrative et managériale de Léopold Maxime Eko Eko.
Georges Parfait Owoundi

